
Enfin, me voici dans le métro; c'est vrai que c'est plus long pour moi de parcourir tous ces couloirs, mais quand je suis dans la rame, j'ai souvent une place assise. Est-ce que les gens se mettent à ma place? Est-ce qu'ils se rendent vraiment compte de ma fatigue possible? Pas sûr. Mais ils me laissent m'asseoir.
Pour autant, assis ou debout, j'ai un même angle de vue sur les personnes qui m'entourent. Que de genoux différents ! En jupe et collants ou en pantalon, c'est selon; habillés ou nus, fins ou dodus, droits ou tordus, chez certains on n'en devine que les contours, aucun ne se ressemble, je n'en aurai jamais fait le tour !
Nous sommes tous semblables, et pourtant si différents; Eux supportent les odeurs corporelles du haut... moi de plus bas. Pas au niveau des genoux, non, ni des pieds, heureusement ! Mais bon, je ne vous fais pas un dessin, certains feraient bien de ne pas autant se négliger au niveau du bassin. Eux voient chez les femmes les seins, et moi de mes congénères l'éventuel embonpoint.
Aux arrêts, lorsqu'ils montent ou descendent, ils jouent des coudes, moi des épaules. Je grimperais parfois bien sur les leurs, histoire d'y voir plus clair. Plus haut que toutes ces têtes qui me cachent la lumière et le nom des stations.
Certains ont une haute estime d'eux-mêmes, d'autres ne voient que leur nombril, d'autres encore ne m'arrivent pas aux chevilles. Parfois ce sont les mêmes.
Car la grandeur d'âme ne dépend pas forcément de la taille. Un exemple? Tous ont un point commun: leur regard me frôle, m'évite, et se porte plus loin. De moi, le nain.
Ce petit texte participe à l'atelier écriture proposé par le blog Bric à Book.